08/2020

11/2019

08/2019

06/2019

05/2019

04/2019

 CYCLE VHS 
- Une soirée vidéo un vendredi par mois au Houloc -

 # 6 - FANNY DIDELON ET EMMA BOCCANFUSO 

 28/08/2020 

Deux serveuses s'emparent de leur téléphone et se mettent à filmer leur lieu de travail.

À travers leur écran, nous rencontrons plusieurs voix, souvent particulières. Ces apparentes  « brèves de comptoir », sont en fait les paroles d'un autre monde, parfois cruel, parfois tendre, parfois drôle.

Ce voyage de part et d'autre du comptoir, nous vous y emmenons parce que les serveuses c'est nous.


Ce qui advient naturellement dans le café, presque chaque jour, c'est finalement, une certaine lisibilité des différents rapports qu'il peut exister entre des hommes et des femmes, entre les clients et nous. Chaque jour, le café devient la scène d'un spectacle dont on ne saisit pas précisément le genre; parfois vaudeville, ou romance, souvent comédie et même tragicomédie...Le café est un cadre, et ce cadre a une temporalité qui fait que les personnes évoluent, s'apprivoisent, se livrent, se regardent, et s'attachent.

La soirée sera pour nous l'occasion de vous parler de l'histoire du film et de ses personnages, à travers une discussion menée par Laure Giroir. 

 

Café, verre d'eau, documentaire de Emma Boccanfuso & Fanny Didelon, 53' 
(extrait: https://vimeo.com/374964216 )

 
 

 # 5 - SARAH SRAGE  

 08/11/2019 

Sarah Srage, Enfants de Beyrouth, 2017, Film couleur, HD, 59’, 
produit par l’atelier documentaire (bande-annonce : https://vimeo.com/220638279)

Sarah Srage : En réalisant Enfants de Beyrouth, je me suis confrontée violemment à un sentiment de perdition. Dans le film, j’interroge mon père Nader, un ancien fonctionnaire d’état, sur son travail pendant la reconstruction de Beyrouth après-guerre, et je filme Dalieh, un petit port de la ville où les dernières familles de pêcheurs sont chassées pour la privatisation du quartier. Le filme raconte cette dépossession.

 

Urbain Gonzalez : Un rivage. Il y a des gens, rassemblés, là. Des adultes et des enfants. Les adultes dissertent, rient, fument. Les enfants jouent. Ils ont construit un abri qui est le lieu de quelque histoire. Les adultes « refont le monde ». Les enfants aussi. Il n’y a pas de femmes. Il y a la mer, tout autour. [...] J’ai pris cette photographie en 2013, au cours d’un voyage à Beyrouth. Je rendais visite à une amie, Sarah Srage, qui réalisait un film sur un lieu appelé Dalieh, situé un peu plus loin sur la côte. 

 

Au-delà du moment raconté par ce film, et de ce qui distingue ces deux œuvres (la deuxième formant un commentaire de la première), au-delà des différences entre le film et l’image seule, l’enquête au long cours et l’instantané, la critique et l’idéalisation, quelque chose persiste de Dalieh, échappe, nous échappe: une réappropriation populaire qui continue d’avoir cours à Beyrouth. Elle appelle à penser, à débattre, à de nouvelles formes de création.

Sarah Srage est cinéaste et plasticienne. Son travail filmique a trait aux questions des manières d’habiter, de la forme des territoires et des mémoires collectives. Témoignages, récits et fables nourrissent ses œuvres documentaires.

 

Urbain Gonzalez est artiste et chercheur. Ses expériences, théoriques et pratiques, individuelles ou collectives, tentent notamment de nourrir un questionnement d’ordre politique, et de mettre en jeu, par voie de métaphores, le modèle de la musique.

 

 # 4 - CHLOÉ MOSSESSIAN  

 23/08/2019 

Concert for the Sun, de Chloé Mossessian et Henry Mittnacht,  Ce Corps Imaginaire, de Claude Mossessian

Deux films seront projetés l’un à la suite de l’autre. Ils sont réalisés avec trente ans d’écart, mais peuvent se regarder en miroir tant ils se reflètent et se font écho. Se reflètent car tous deux sont des odes à la lumière, à ses éclats et à ses variations. Se font écho comme des respirations parfois lentes ou saccadées, les plans se succèdent, accompagnés d’un rythme qui traduit la musicalité de cette danse du soleil, que l’on peut contempler dans la nature, l’architecture ou au quotidien.

 

Pour commencer, un court-métrage d’architecture sur le Couvent de la Tourette, Ce Corps Imaginaire, réalisé en 1988 par Claude Mossessian. “L’architecture, c’est le jeu savant, correct et magnifique, des formes sous la lumière, n’est ce pas ?” disait Le Corbusier. Une formule que l’architecte décline à merveille pour un usage spirituel et contemplatif dans cette oeuvre qu’il réalise pour une communauté religieuse. Un bâtiment composé uniquement de béton brut, et de lumière. Claude Mossessian y passe une semaine au printemps 1988, et filme les mouvements, parfois imperceptibles, de la traversée du soleil au fil de la journée sur les surfaces planes ou en relief, de béton ou de verre. 

Puis, le film/installation Concert for the Sun, travail à quatre mains de Chloé Mossessian et Henry Mittnacht, où l’écriture des images a été créée en simultané avec la composition musicale. La narration du film contient des images d’archives filmées par Claude et Laurence Mossessian dans les années 1980, ainsi que des “photographies en mouvement” filmées par Chloé Mossessian dans l’alternance de la lumière solaire et lunaire. Évitant l’usage des mots, le film tente de composer une impression visuelle et musicale sur le passé et le présent, et explore le langage du Soleil comme un instrument de linéarité, comme un rappel lumineux de ce qui est éphémère, chaotique et informe : la nature de notre être.

Chloé Mossessian est artiste vidéaste diplômée des Beaux-Arts de Paris. Henry Mittnacht est compositeur et scénariste. En parallèle de leurs pratiques individuelles, ils forment un duo d’auteurs-réalisateurs. 

Claude Mossessian est réalisateur de portraits d’artistes et de films d’expositions.

Mathilde Ayoub, chercheuse en art contemporain et commissaire d’exposition, est actuellement en résidence au Couvent de la Tourette.

 

 14/06/2019 

 # 3 - MEHDI BESNAINOU 


 
“À l’occasion de VHS, je présenterai plusieurs vidéos réalisées au cours de ces dernières années. Je parlerai de mon fonctionnement de travail en lien avec mes obsessions, dérisoires et universelles, psychologico-métaphysiques et désuètes.
Je profiterai de cette entrevue pour inviter Lies Dousnais, mathématicien et astrophysicien Bulgare, avec lequel je travaille actuellement à l’élaboration d’une encyclopédie de formes qui fera office d’exposition à la rentrée prochaine.
Une discussion ouverte sera possible après chaque film projeté et/ou à la fin de l’entrevue.
Au programme : analogie, forme parfaite, jeux d’enfants...”
 
 

Le travail de Mehdi Besnainou questionne avec humour et sarcasme les rites, codes et tendances actuelles de sa génération dans son aspect socio-culturel, métaphysique, religieux ou encore philosophique.
Que ce soit dans ses pensées les plus introspectives ou dérisoires sur la condition humaine, ses troubles et dilemmes face à l’hygienisme, au transhumanisme ou à sa société de consommation standardisée, il se caractérise par un jeu permanent entre language oral, écrit et dessiné, repertoire journalier compulsif d’analogie formelles sur les mouvements du monde globalisé, à la manière d’un polymathe à l’ère du numérique. Partant du dessin et de l’écriture, sa pratique artistique s’étend à tous les champs possibles de la création : la peinture, la vidéo, l’installation, la performance et la musique.


Comme matrice à ces proliférations, il développe depuis peu une forme spécifique : la tv show. Il présentait ainsi récemment au public du Palais de Tokyo le second épisode pilote de son projet vidéo : Télé Palmtree, dans lequel il joue la plupart des rôles dont celui du présentateur télé, lançant autant de jingles que de rubriques en tous genres, pubs, documentaire ou interview d’invités improbables.

 

 # 2 - SAMI TRABELSI 

31/05/2019

Capture d'écran extraite de Watissart, 6mn39, en collaboration avec S. Laporte ©Laporte/Trabelsi

Sami Trabelsi, artiste photographe et vidéaste présente deux courts métrages réalisés en collaboration avec Stéphane Laporte (Domotic) au cour d'une résidence  à la Gare Numérique de Jeumont ville frontalière avec la Belgique. Les films n'ont été montrés qu'une seule fois début 2016 pour la soirée de clôture de la résidence et seront donc montrés en exclusivité pendant la soirée du Houloc 

Sami Trabelsi invite Christine Blanchet, commissaire d'exposition avec qui il travaille depuis plusieurs années à discuter autour du travail et des films en compagnie dePhilippe Fauvel, acteur des deux films et Stéphane Laporte, musicien compositeur.

Christine Blanchet, critique et historienne d'art

Diplômée d’un doctorat en Histoire de l’Art, Christine Blanchet est commissaire d’exposition indépendante depuis 2010. Depuis lors elle assure de nombreux commissariats ou co-commissariat d’exposition comme notamment  : Appel à peinture, Claude Rutault (2008), En mémoire (2015- Jean-Pierre Bertrand, Eric Manigaud et Nicolas Daubanes) aux Archives nationales, Sous l’ombre des vagues (2018), à la maison natale de Debussy à Saint-Germain-en-Laye dans le cadre du centenaire de la mort du compositeur, Le Vitrail contemporain (2018) au couvent de la Tourette… Plusieurs cartes blanches dans des galeries privées à Paris lui ont permis de défendre des artistes comme Pablo Garcia, Nicolas Daubanes, Eric Manigaud, Myriam Mechita ou Carmelo Zagari...

Stéphane Laporte

Que cela soit sous le nom de Domotic ou avec l’un de ses projets parallèles (Centenaire, Egyptology, Karaocake), Stéphane Laporte éclaire discrètement la musique pop-expérimentale depuis 2001 . En plus de sa pratique de mixeur / producteur ( Orval Carlos Sibelius, Forever Pavot , Klub des Loosers, Xavier Boyer) il compose également de la musique pour films d'art (Louidgi Beltrame , Louise Hervé et Chloé Maillet, Sami Trabelsi ) ou de cinéma ( James P. Gannon, Tom Gagnaire , Sebastien Auger , Costa Gavras ).

Philippe Fauvel, critique de cinéma

Il enseigne le cinéma à l’université Jules Verne Picardie. Il a écrit dans la revue Vertigo dont il a été membre du comité de rédaction et collabore à Positif, Critique ou Trafic. Il est co-auteur avec Noël Herpe du livre sur Eric Rohmer Le Celluloïd et le Marbre (Léo Scheer, 2010) et a conçu le livret du coffret dvd Le laboratoire d’Éric Rohmer – un cinéaste à la Télévision Scolaire (SCEREN – CNDP 2011).

 

 # 1 - CHARLOTTE EL MOUSSAED 

19/04/2019

Les Malassis, 2017 - Charlotte El Moussaed

J'emprunte l'appellation Les Malassis à un quartier de Bagnolet.
Il y a de la littérature dans ce mot, ce pourrait être le titre d'un roman de Victor Hugo.
Je fais des œuvres pour trouver des titres.
Un homme qui dort, ça dit le masculin. Le texte décrit l’oisiveté, le désenchantement, la paresse,
l’indifférence, mais découpé, recollé, décontextualisé, ça parle aussi de plaisir, d’activité, de répétition,
d’ennui, ou encore d’attente forcée.
Je me demande si ce personnage aurait pu être une femme.*1



p.75 : Tu es étendu, tout habillé, sur la banquette, les mains croisées

derrière la nuque, genoux haut. Tu fermes les yeux, tu les ouvres.

[…]
p.76 : Au fil des heures, des jours, des semaines, des saisons, tu te

déprends de tout, tu te détaches de tout. Tu découvres, avec presque,

parfois, une sorte d’ivresse, que tu es libre, que rien ne te pèse, ne te plait

ni ne te déplaît.
[…]
*2


*1 Extrait de l'entretien avec Marie Gautier. Les Malassis, vidéo 2017.
*2 Un homme qui dort. Georges Perec, ed. Denoël, 1967

Projection de Les Malassis et Rembobiner - Poèmes choisis suivi d'une performance de Fériel Boushaki, invitée par l'artiste.