MATHILDE GELDHOF

Je ne peux considérer la photographie sans ses usages sociaux, son potentiel de fétiche, ses propriétés décoratives. C’est la photographie toute entière que je souhaite faire travailler, invoquer dans mon travail. 
Ce sont autant les tirages d’exposition aux dimensions de toiles de maitres que les « 13X18 » coincés dans les boiseries des meubles de la maison familiale qui ont contribué à former mon regard.
Ce geste de placer l’image dans l’objet, est souvent répété à l’atelier.
Les modes de déploiement de la photographie dans l’espace intime tendent à infuser la dimension plastique du médium. 
Plutôt qu’une approche sérielle, mes recherches me conduisent à suivre un principe de composition qui s’appuie sur la spécificité des lieux et de ceux qui les habitent. Le sujet de l’image détermine la forme que l’objet photographique va prendre dans l’espace. Il peut sortir de son cadre et se voir intégrer à des structures évoquant livres, retables ou décors, comme autant de moyens de mêler différents registres.
La dimension fictive s’insère dans mes images, comme une réponse à l’impossible impartialité de la photographie. Des sujets anodins voire triviaux rencontrent le mythe, l’histoire du récit et de ses représentations.